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Ilyes est un artiste plasticien de Tunisie dont l’univers coloré et vivant fusionne des références traditionnelles à une touche pop art. Comme dans un conte, il exprime son attachement à la culture tunisienne en mettant aussi en évidence certaines conventions sociales de son pays avec une pointe d’humour. Découvrez notre entretien avec ce jeune talent.

ZLI’Z (2016) COUSCOUS ET COCA-COLA

Ilyes la Tunisie et les tabous sociétaux sont mis en avant sur vos œuvres avec parfois de l’humour, l’art est-ce pour vous aussi un moyen de résister aux conventions sociales figées ?

L’art est résistance, l’art est liberté sinon ce n’est pas de l’art. L’art c’est une façon de questionner sinon on meurt.

NUIT 35 : A.P.T (Amour Pour Toujours)

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet “1001 nuits, 1001 tableaux” ?

Je propose une relecture du livre Les Mille et Une nuits sur mes tableaux mais l’inspiration de la vraie histoire reste limitée. Mon personnage principal est aussi une femme qui raconte une histoire afin d’être libérée des conventions sociales. Tout comme dans le conte Shéhérazade raconte des histoires pour que Shahryar la libère.

Pourquoi faites-vous disparaître les traits de la vieillesse sur les personnages de vos œuvres ?

Je ne crois pas trop à la vieillesse, tant qu’on est en vie, on est jeunes, on apprend et on prend des risques. Les traits des visages apparaissent et disparaissent en fonction des événements dans l’histoire que je raconte.

ZLI’Z (2016) TUNA-LISA

Les couleurs vives, les mosaïques traditionnelles tunisiennes et la fusion de la peinture avec des collages et d’autres matériaux, est-ce votre façon de donner du relief à votre perspective ?

NUIT 35 : SEFSARI ET BEB ALIOUA

Ma palette de couleurs est vive grâce au soleil de mon pays. J’utilise le papier calque pour donner l’impression d’une profondeur transparente comme pour l’eau. Dans certaines œuvres j’ai collé aux endroits qui me semblent bons, des morceaux de papiers de journaux contenant des passages d’articles, des expressions ou des mots bien recherchés. Je brode la toile avec des fils de laine et des sequins, éléments indispensables des habits traditionnels tunisiens et notamment les habits de fêtes chez les femmes. Comme on a tendance à toujours travailler sur l’image plutôt que le contenu, j’utilise les sequins car ils ont ce coté bling-bling que je trouve assez expressif. Les céramiques me servent pour orner un cadre spatio-temporel; elles peuvent faire référence à un endroit ou une époque précise.

NUIT 34 : LE PERVERS DU BUS

Selon vous, est-ce que les jeunes artistes tunisiens doivent aussi créer de l’art subversif ou politique pour jouer un rôle de garde-fou dans la démocratie naissante du pays, un peu comme en Espagne avec la Movida dans les années 80 ?

FANTAZIA
PROPAGANDA

Je pense que les artistes tunisiens ont déjà créé et créent encore de l’art subversif et ce dans tous les domaines depuis la révolution. Il y a eu la Movida en Espagne et le printemps arabe en Tunisie. Notre révolution n’a pas été réellement culturelle et on y croit moins aujourd’hui car elle est sortie de la trajectoire voulue par la société tunisienne.  Cependant, les artistes jouent en effet un rôle de garde-fou pour rappeler les objectifs de la révolution malgré la crise identitaire dominante.

NUIT 15: LE MOUTON ALCOOLIQUE

 

Ilyes présentera son exposition “Raconte-moi Shéhérazade” le 21 mars de 19h à 23h sur la péniche du Cercle de la Mer, Port de Suffren, Paris7.

 

 

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Sarah Anouar
Journaliste & rédactrice indépendante, Travel & Culture Writer

Fondatrice de L'Eclectique, subjuguée par l'écriture, les voyages, la Movida d'Espagne & l'anglais. Empowerment Coaching
Auteure du roman "Subjuguer me fascine"
"Two roads diverged in a wood and I - I took the one less travelled by and, that has made all the difference" - Robert Frost

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