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Sam’s Serifs est une poétesse 30 ans née à Téhéran. Depuis l’âge de 13 ans, elle vit à Toronto où elle dirige une agence de design fondée à 23 ans. Nous vous proposons une interview avec cette artiste qui nous émeut avec son cœur et son art.

 

“C’est puissant d’écrire du fond de son cœur.”

 

Sams’s Serifs, Samaneh Sadaghiani

Vous êtes une femme, une poétesse, une artiste, vous êtes originaire d’Iran. Comment ça se passe pour vous ? Est-ce que vous avez aussi le sentiment que les femmes qui écrivent font peur ?

J’ai tout juste commencé à accepter avec enthousiasme les différentes qualités définies dans votre question.
Je suis une poétesse mais je pensais que c’était faible d’afficher sa vulnérabilité.
Je suis une artiste mais je pensais que c’était plus raisonnable d’être autre chose.
Je suis une femme mais je pensais que c’était mieux d’être comme les hommes.
Je suis originaire d’Iran mais je pensais que je pouvais aller plus loin si je prenais mes distances avec sa culture.

Le coupable semble être « penser »

Les femmes ont beaucoup de pouvoir. Nous sommes étroitement liées au cœur et il y a plus de sagesse dans le cœur que dans n’importe quel autre endroit dans le monde. C’est puissant d’écrire du fond de son cœur. Si les lecteurs ne sont pas prêts à affronter leur propre pouvoir, alors les messages qui viennent d’un endroit vulnérable comme le cœur peuvent être un déclencheur et les encourager à affronter leur pouvoir personnel. En revanche si ces lecteurs sont prêts, ils apprécieront ce qui est exprimé et saisiront l’opportunité de s’engager et peut-être même d’apprendre.

Est-ce que la décision de vous révéler en partageant vos poèmes sur Instagram a été difficile pour vous ?  Ou était-ce une nécessité pour transformer ce qu’il y a dans votre cœur en art haut et fort ?

Je devais arrêter d’être lâche et je devais me révéler.

 

Sur Instagram, vous vous présentez comme « un métamorphe au milieu d’une crise identitaire », pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai passé la majorité de ma vie à essayer d’être comme je pensais qu’on voulait que je sois. La plupart d’entre nous semblent résister à ce sentiment. J’ai tenté différentes personnalités et différents centres d’intérêts. L’été dernier, j’ai plongé au fond de moi et j’ai découvert de nombreuses peurs et des émotions refoulées. Ce que j’ai trouvé au fond de moi était bien plus éloigné de ce que je pensais savoir. Je me suis toujours considérée comme une personne introspective ayant une haute conscience de soi mais j’avais (et j’ai encore) beaucoup de zones d’ombre. Je sais que ce déconditionnement sera un voyage continu ; ce qui fait que cette biographie résistera probablement à l’épreuve du temps !

 

“Nous avons façonné un mode où l’égo est récompensé plus que le cœur.”

Quelle est votre vision du monde aujourd’hui ?

Nous avons façonné un mode où l’égo est récompensé plus que le cœur. Le travail de l’égo est de nous protéger. Sa fonction est validée par la peur alors c’est ce qu’il cherche. Mais en réalité le cœur détient tout le pouvoir. Et cela est un concept effrayant pour l’égo !

 

 

Qui vous inspire en ce moment ? Pourquoi ?

Je suis inspirée par toutes les personnes qui ont le courage de faire briller leur lumière au maximum de son éclat.

Quel est votre artiste préféré ?

Mon obsession actuelle est Reggie Watts.

Quel est votre livre préféré ?

« Journey to Ixtlan » de Carlos Castaneda, c’est un livre que j’ai lu quand j’avais 10 ou 11 ans. Avec les années, je l’ai relu avec des perspectives différentes et évolutives. A chaque nouvelle lecture, j’y ai trouvé de nouvelles leçons.

Quel est le poème qui vous émeut le plus ?

“I am all hollowed out now
Like a reed.
I gave everything for this.
And still I laughingly wonder:
How could it have been so cheap?”

– So Cheap by Adyashanti

L’art, est-ce votre façon de guérir et de grandir ?

Notre conscience a une drôle de façon de communiquer avec elle-même. J’ai récemment déniché de vieux poèmes et c’était comme si mes propres mots me hurlaient à la figure mes démons. Mais en les écrivant, j’étais convaincue d’écrire sur quelqu’un d’autre. J’ai depuis accepté que nous parlons toujours de nous-mêmes.

Si vous aviez à choisir un seul mot, qu’est-ce que ça serait ?

« Be »

Compte Instagram de Sam’s Serifs

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Sarah Anouar
Journaliste & rédactrice indépendante, Travel & Culture Writer

Fondatrice de L'Eclectique, subjuguée par l'écriture, les voyages, la Movida d'Espagne & l'anglais. Empowerment Coaching - He(art)
Auteure du roman "Subjuguer me fascine"
"Two roads diverged in a wood and I - I took the one less travelled by and, that has made all the difference" - Robert Frost