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Naziha Arebi est une artiste plasticienne britanno-libyenne. Basée à Tripoli en Libye, elle est réalisatrice de films documentaires, photographe et elle créé également des installations artistiques. À travers ses créations, Naziha partage notamment son engagement sur la question du genre et des femmes et sur des problématiques du quotidien des libyens. L’Eclectique vous propose de découvrir l’interview éclairée de l’artiste et sa série de photos “Light Conflict” en Libye où les coupures d’électricité se sont intensifiées depuis la révolution en 2012. Ces coupures d’électricité interviennent pendant la journée ou la nuit à toutes les saisons et rendent le quotidien des Libyens encore plus difficile mais “la vie continue” – dixit Naziha Arebi. 
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© Naziha Arebi

Votre série de photos “Light conflict “ met en avant les difficultés du quotidien des Libyens, avez-vous un espoir éclairé pour le futur de la Libye ?

Il doit toujours y avoir de l’espoir. Sans espoir nous sommes morts, nous cessons d’avancer et nous devenons juste des cadavres de l’humanité. Mais je sens que la lumière diminue pour la Libye. Il y a trop de gens qui veulent tirer profit du chaos libyen. Il y a trop d’avidité, de pouvoir et de destruction, en interne et à l’extérieur du pays. Cependant si vous regardez au-delà de la guerre, de l’EI, de Gadafi, du pétrole, de l’argent et la politique internationale, vous trouverez des libyens simples qui veulent juste vivre. Cela m’intéresse plus que la guerre. C’est notre humanité commune.

“L’art peut tellement dire de choses que vous ne pouvez pas dire avec des mots. L’art peut transgresser et aller au-delà.”

Comment l’art vous aide-il à dépasser le chaos libyen. Il y a-t-il un message en particulier que vous avez besoin de partager ?

Il n’y a pas forcément un message, mais l’art m’aide dans le processus pour dépasser les problèmes. L’art est cathartique. L’art peut-être un combat mais c’est aussi un jeu. C’est un déclencheur, un outil pour le dialogue, l’activisme et l’humour, la colère et l’évasion. L’art peut tellement dire de choses que vous ne pouvez pas dire avec des mots. L’art peut transgresser et aller au-delà. Parfois j’utilise le film, parfois je peins, parfois je créé des installations. A d’autres moments, je fais du documentaire photographique. Cela dépend du sujet et ce qui est devant moi. Mais peu importe le médium que j’utilise, je m’en sers pour jouer, pour jouer avec les idées sur la question du genre, sur le pouvoir, l’unité, l’humanité et finalement pour susciter ou provoquer une conversation.

Naziha Arebi, photographe

Naziha Arebi, photographe

Vous mettez en évidence la situation des femmes et la question du genre à travers vos créations, pouvez-vous nous en dire plus ?

Je suppose que quand vous travaillez dans une société patriarcale en tant que femme qui veut susciter le changement; vous ne pouvez pas être autre qu’une féministe, c’est naturel. Mais le mot féminisme est un mauvais mot et cette idée d’égalité a souvent des connotations négatives.Et cela peut être exaspérant. Vous devez juste vous ajuster et vous adapter pour obtenir l’impact souhaité. La question des femmes et du genre est toujours un sujet dans mon travail que je le veuille ou pas. Cette question revient souvent à travers les sujets que je choisis ou qui me choisissent.

Quel est le voyage  dont vous souvenez le plus ? Et pourquoi ?

Le désert remue toujours beaucoup de choses en moi. Filmer dans le désert est toujours un challenge car cela créé toujours des obstacles; le temps, les nuits froides, la chaleur du jour, le Ghibli (vent chaud d’Afrique du Nord). Mais avec les obstacles, la créativité augmente pour les dépasser. Se retrouver face aux extrêmes de la nature mais renforcée par le silence et le sentiment de solitude. C’est toujours une expérience que j’apprécie aussi cliché que cela puisse paraître. J’apprécie la plupart de mes voyages au Moyen-Orient, en Afrique du Nord mais j’aimerais vraiment m’aventurer au-delà et expérimenter peut-être l’Amérique du Sud à travers mon travail artistique, qui sait.

Reflexions on black gold, 2015, installation, impression sur toile et bande sonore,  Naziha Arebi.

Reflexions on black gold, 2015, installation, impression sur toile et bande sonore, Naziha Arebi.

 

Blog de Naziha Arebi

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Sarah Anouar
Journaliste & rédactrice indépendante, Travel & Culture Writer

Fondatrice de L'Eclectique, subjuguée par l'écriture, les voyages, la Movida d'Espagne & l'anglais. Empowerment Coaching - He(art)
Auteure du roman "Subjuguer me fascine"
"Two roads diverged in a wood and I - I took the one less travelled by and, that has made all the difference" - Robert Frost

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#Libye #Photo