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Nabil Ayouch, réalisateur

Nabil Ayouch, réalisateur

Nabil Ayouch, réalisateur de talent est né en France de père marocain et de mère tunisienne.  Son dernier film Les Chevaux de Dieu , couronné au Festival de Cannes en 2012, a confirmé son engagement et son questionnement sur l’Homme et la société marocaine en particulier.  Le film  Les Chevaux de Dieux évoque en effet la destinée tragique  d’enfants , de quartiers très pauvres de Casablanca,  qui deviendront des terroristes pour passer à l’acte lors d’attentats du 16 mai 2013 (inspiré par les attentats de Casablanca). Le réalisateur qui vit au Maroc a décidé d’écrire autrement son engagement en interpellant toujours les consciences par l’image avec la photographie. Nabil Ayouch va présenter ce jeudi 19 mars 2015 sa première exposition “A la marge” à la Galerie 38 à Casablanca au Maroc. Une série de photos prises dans les rues de Casablanca pendant le ramadan 2013 lors de ce moment particulier qui précède et suit la rupture du jeûne. Les clichés révèlent des visages de marginaux dont les traits portent la souffrance, l’exclusion, l’enfance maltraitée.

Pour Tahar Benjelloun, écrivain et Prix Goncourt, « Nabil Ayouch a choisi de capter des visages et des attitudes, des gestes et des rêves, des humeurs et de la fantaisie. Cette enfance des rues, il la connaît bien pour l’avoir magistralement filmée dans « Ali Zaoua ». Mais là il y a d’autres visages, d’autres corps blessés par la vie, par le cynisme des hommes, par un destin fourbu, mal entamé, mal bricolé. Des adultes laissés sur la route, sur le bord de la route, dans la marge d’un cahier sans écritures. Eux aussi ont quelque chose à nous dire ou plutôt à nous montrer : la douleur du vivre. ». L’Eclectique Magazine a pu posé quelques questions à Nabil Ayouch qui signe sa profonde sensibilité et ses valeurs humaniste à travers ces photos.

© Nabil Ayouch-A la marge

© Nabil Ayouch- A la marge

Vous présentez votre première exposition de photos, la photographie est-ce une autre façon d’écrire votre engagement autour du générique humain ?

C’est une autre façon de raconter des histoires qui m’interpellent. Chacun de mes personnages porte une blessure ou un acte héroïque. Je les ai rencontrés de la même manière que je rencontre les personnages de mes films. Par l’échange d’un regard, d’un ressenti. J’aime l’idée que différents chemins puissent aboutir à une même forme d’engagement. Ces marginaux, cette armée de l’ombre, m’ont toujours passionné. Ils représentent quelque chose de très révélateur sur l’état d’une société qu’on doit voir, entendre. Pendant que je les photographiais, je leur parlais et les écoutais en même temps.

  • Casablanca  est-elle une ville qui vous inspire plus qu’elle ne vous oppresse ?

Casablanca est une ville qui ne se donne pas. Il faut aller la chercher. J’ai commencé par la haïr les premières années où j’y ai vécu. Trop absurde, donnant le dos à la mer, désarticulée, polluée, hystérique. J’ai commencé à sentir son cœur battre en travaillant sur la préparation de mon deuxième film « Ali Zaoua ». J’ai découvert qu’il y avait une vie en dehors de ce centre trop petit et pas assez inspirant dans lequel je tournais en rond, par méconnaissance. J’ai rencontré le Casa noir de la périphérie, le Casa violent, sans concession. C’est une ville tellement riche qu’elle en devient épuisante. Depuis 15 ans, elle ne fait que me repousser et m’inspirer.

  • Vos œuvres portent souvent la douleur, l’exclusion, le déchirement. La création artistique est-elle pour l’artiste que vous êtes, un exutoire pour mieux avancer ?
© Nabil Ayouch-A la marge

© Nabil Ayouch-A la marge

La création est surtout ma seule façon de m’exprimer. Le fait d’avoir grandi en banlieue parisienne (à Sarcelles), à cheval entre deux cultures, deux religions, deux pays, a été douloureux pendant longtemps. L’absence d’un sentiment d’appartenance peut facilement vous déstabiliser quand vous êtes enfant. Alors, j’ai cherché, sans savoir vraiment quoi. Tous mes premiers travaux ont tourné autour d’une quête forcément initiatique. Avec le temps, j’ai compris qu’avoir plusieurs ancrages était une richesse. Et la quête s’est transformée en transgression.

  • Vous êtes aussi d’origine tunisienne,  est-ce que vous pensez un jour pouvoir réaliser un film ou un travail photographique en Tunisie ? Ou peut-être la réalisation d’un projet artistique impliquant le Maroc et la Tunisie ?

Je ne connais malheureusement pas encore assez en profondeur la Tunisie pour qu’elle déclenche des choses en moi  C’est vrai qu’une partie de mes racines y est née et j’en suis fier car, pour moi, La Tunisie est devenu aujourd’hui un exemple dans le monde arabe, mais j’aimerais y passer plus de temps pour vous répondre. Je veux pouvoir revisiter le chemin de mes ancêtres et voir vers quelles autres rencontres cela me mènera.

 

L’Exposition ” A la marge” aura lieu du 19 mars au 19 avril 2015 à la Galerie 38 à Casablanca, Maroc.

Page Facebook de la Galerie 38

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