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Müge Ceyhan est une artiste-peintre pétillante et pleine de vie. Sa peinture abstraite et mystérieuse est attirante. Née  en 1984 à Maçka en Turquie, elle vit actuellement à Istanbul et elle nous parle de l’évolution de cette ville incontournable, de la vie culturelle dans un contexte en pleine évolution et de ses voyages.

 

paintings

Müge Ceyhan, artiste

Müge, parlez-nous de votre intérêt pour la peinture et de votre travail artistique.

J’ai découvert ma passion pour les beaux-arts à l’âge de 15 ans au lycée. J’ai ensuite étudié les beaux-arts à l’université  avec une majeure en peinture. Après mes études, j’ai fait quelques recherches sur la peinture à l’étranger, j’ai participé à des expositions et j’ai gagné quelques concours. L’art a toujours été important dans ma vie.  Sur mes toiles, j’essaie de donner vie à des espaces qui ont été envahi par l’urbanisation et la frénésie de nos vies quotidiennes. Un quotidien caractérisé par l’abondance de gris par rapport au vert de la nature. Nos vies urbaines étouffantes caractérisées par des hauts blocs, des gratte-ciel, et la circulation automobile.

Dark City, 120 x 200 cm, 2011

Dark City, 120 x 200 cm, 2011

Avez-vous le sentiment que la créativité et l’art sont importants à Istanbul et en Turquie ?

Il est évident que les Turcs sont créatifs, nous sommes une société multiculturelle et nous avons une histoire très riche. Mais je ne sais pas vraiment si nous avons pu en tirer un avantage. Si l’on considère le contexte actuel, j’ai le sentiment que l’art est un luxe pour la majorité de la population. La principale raison du manque d’intérêt des gens pour l’art est qu’ils s’intéressent plus aux problèmes politiques et de terrorisme actuels.  Seule une petite partie s’intéresse à la vie culturelle. Nous sommes dans un pays où les contradictions sont courantes et normales pour nous.

Müge Ceyhan, artiste

Müge Ceyhan, artiste

Est-ce pour vous facile d’être une femme artiste ?

L’art est une passion depuis que je suis petite donc ça n’a pas été difficile pour moi d’exprimer ma créativité. Cependant mon point de vue évolue car le contexte social est entrain de changer autour de moi avec le temps. Être une femme artiste dans notre pays n’est pas aussi difficile que d’être une femme mais je ne sais pas comment la situation va évoluer avec le temps. Comme Atatürk l’a déclaré: «Une société sans art est tel un cœur sans sang»

Quel est votre lieu préféré à Istanbul ?

Mon lieu préféré est Besiktas, c’est une place près de la mer avec plein de cafés et de restaurants pour manger du poisson. Une ambiance agréable et énergétique. J’aime aussi beaucoup la Galata Tower et son quartier. Il y a plein de petits cafés très confortables et chaleureux.

Qu’est-ce que vous aimez moins dans cette grande ville ?

La nature qui perd de la place dans la ville alors que la circulation et la population augmentent à Istanbul. Istanbul a beaucoup changé.

Que pensez-vous de la vie artistique et culturelle d’Istanbul ?

La vie culturelle d’Istanbul a vraiment bien évolué par rapport aux années précédentes. Il y a des expositions, des performances artistiques et des foires qui y sont organisées. Nous avons des intellectuels qui résistent obstinément malgré toutes les oppressions. Il y a une jeunesse créative mais on peut se demander si le contexte et les circonstances encouragent et soutient celle-ci. Je ne suis pas certaine.

Love of Echo, 130 x 200 cm, 2012

Love of Echo, 130 x 200 cm, 2012

Quel a été votre plus beau voyage ?

J’ai visité le sud de la France avec ma sœur en 2007 et c’était pour moi le meilleur voyage et le plus intéressant. Pendant notre séjour, nous avons visité Avignon, Aix en Provence, Marseille et Arles puis nous sommes aussi allées à Barcelone. Pendant ce voyage, j’ai été le plus impressionnée de retrouver à Arles le café où Van Gogh avait peint « Terrasse de café le soir » en 1888. Le café était encore similaire à celui peint sur cette peinture. Je pense que les capitales qui évoluent ne reflètent pas autant les pays comme d’autres villes qui n’ont pas changé avec les années.

De quoi rêvez-vous, Mûge ?

Mes rêves ont tous un lien avec l’art. J’aimerais vraiment créer un studio artistique où tout le monde pourrait venir découvrir ou travailler en accès libre et gratuit. J’aimerais avoir une bibliothèque de livres d’art dans ce lieu pour que les gens puissent venir faire des recherches selon leurs intérêts. Je rêve aussi d’un atelier où les produits sont des créations et les employés des artistes.

selective perception, 130x200 cm, 2011

selective perception, 130×200 cm, 2011

 

 

 

 

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Sarah Anouar
Journaliste & rédactrice indépendante, Travel & Culture Writer

Fondatrice de L'Eclectique, subjuguée par l'écriture, les voyages, la Movida d'Espagne & l'anglais. Empowerment Coaching - He(art)
Auteure du roman "Subjuguer me fascine"
"Two roads diverged in a wood and I - I took the one less travelled by and, that has made all the difference" - Robert Frost

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#Peinture