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L’Eclectique State of Mind #37 “Vers la sobriété heureuse” de Pierre Rabhi

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L’Eclectique State of Mind vous suggère la lecture du livre “Vers la sobriété heureuse” (publié par Babel) de Pierre Rabhi agriculteur écrivain et autodidacte. Sommes nous plus heureux dans cette ère de la surabondance dans les pays dits développés ? J’ai tendance à me poser la question. Pierre Rabhi, lui  explique que nous sommes moins heureux que nos ancêtres qui vivaient avec sobriété dans un temps où la nature n’était pas soumise à la frénésie de la production et de la consommation contemporaine. Dans son récit, il explique pourquoi il a fait le choix il y a déjà plusieurs décennies (dans les années 50) de quitter la vie citadine et un emploi d’ouvrier pour se rapprocher de la “terre nourricière” et adopter un  mode de vie plus simple et plus naturel. Ce qu’on appelle “modernité” lui paraît être une imposture et il critique le progrès destructeur de notre société qui conditionne les humains à une vie insensée et empoisonnée dans la frustration créée par le désir de vouloir toujours plus et plus vite.

Il dénonce  également dans son livre l’industrialisation de l’agriculture mise au service de la société de consommation dans laquelle les agriculteurs doivent maximiser le rendement de leurs terres avec l’utilisation massive de l’agrochimie entraînant également l’aliénation du monde rural et sa disparition avec le temps. Le lien “viscéral” avec la nature a été rompu dans la recherche de croissance illimitée et par l’absence de vision à long terme pour éviter l’épuisement des ressources de la nature vers lequel on tend. “Un triste spectacle” dans lequel l’homme est invité à une forme d’anéantissement personnel au seul service de la machine économique. La thèse de Pierre Rabhi est intéressante dans la mesure où elle propose de remettre l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations pour mieux répartir les ressources communes à l’humanité en faisant le choix de la modération de nos besoins et de nos désirs, le choix d’une “sobriété libératrice” qui permettra de rompre avec un système voué à l’échec et qui offre une vie de plus en plus anxiogène à la personne humaine désorientée par la disparition du lien social et de la valeur solidarité.  La nécessité de remettre en question cette vie frénétique dans laquelle la consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs explose (notamment en France) et vient démontrer que l’humain n’est pas plus heureux dans cette quête sans fin de richesses et de biens.

“Je rencontre de plus en plus de  jeunes gens qui disent vouloir réussir une vie et pas seulement une carrière, de cadres d’entreprise qui déclarent avoir réussi socialement et échoué humainement” dixit Pierre Rabhi. J’ai cette réflexion et j’ai rencontré aussi des trentenaires qui ont remis en question leur destinée de cadre dans l’espoir de trouver une cohérence intérieure.
“La quête de sens semble devenir une priorité dans les engagements de vie.”  En effet la quête de sens me paraît importante dans un monde où l’on nous inculque souvent la fatalité et la résignation depuis notre plus jeune âge face à la machine à détruire la planète. “La sobriété heureuse” c’est d’abord un mode de pensée qui refuse cette fatalité d’une vie insensée et il me paraît plutôt censé d’y réfléchir pour tenter de retrouver un sens à notre présence au monde dans la société de la surabondance sans joie.

Sarah Anouar, fondatrice de L'Eclectique

Sarah Anouar, fondatrice de L’Eclectique

 

 

 

 

 

 

 

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